Bourrasques poussiéreuses.
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Ça pique sous la tente !
1 juillet 2021

Le soleil présent pour mon départ de Calama laisse augurer une bien belle journée. Il me donne des ailes, à moins que ça ne soit plutôt, une brise discrète mais légèrement favorable. Ainsi, les kilomètres défilent sans que je ne m’en rende vraiment compte.

Soudain, le vent s’intensifie. Sa force me permet même, ce malgré les 90 kilos de mon vélo, d’osciller entre 27 et 31 km/h en pleine montée, quasiment sans pédaler. Par contre, lorsque celui-ci me vient de côté, je dois batailler ferme afin de ne pas quitter la route ou pour éviter la chute.

Une voiture s’arrête. Son chauffeur me conseille de rejoindre au plus vite San Pedro de Atacama, car on annonce trois jours de tempête. Quelques kilomètres plus loin, un autre conducteur m’offre une paire de lunette de soleil qui vont s’avérer fort utiles. Je suis en effet brusquement confronté à une tempête de sable qui m’ôte par moment toute visibilité. J’en ai partout, dans mes oreilles, mes narines, mes yeux. Je me jure d’acheter au plus vite une cagoule. Pour l’instant j’utilise mes nouvelles lunettes, j’apprécie le masque sanitaire et le bonnet pour mes oreilles. M’étant détourné de l’itinéraire principal et ne pouvant plus pédaler, je m’échine à pousser le vélo sur la piste sablonneuse. Parfois, quelques accalmies trompeuses me donnent de faux espoirs.

J’essaie en vain de monter ma tente à l’abri de tas de graviers. Mais les arceaux ne tiennent pas. Impossible de dégoter un endroit protégé. Enfin, au terme de multiples efforts et précautions, je m’installe contre un muret en pierre. J’avale en hâte une soupe et m’enfoui aussitôt dans mon duvet, totalement exténué.

La nuit est fraîche, l’eau de mes bidons se glace. N’étant plus très loin de San  Pedro de Atacama, j’attends que le soleil réchauffe un peu l’atmosphère pour quitter mon couchage. Le vent a cessé. La journée d’hier semblerait n’avoir été qu’un simple cauchemar si ce n’était le sable dans ma toile de tente et sur mes vêtements. Même l’objectif de mon appareil photo en a souffert. Je dois impérativement réparer les arceaux de ma tente. Cette journée a incontestablement laissé quelques traces !

Je reprends la route goûtant une douceur inespérée. Je profite d’un point de vue sur la vallée de la lune, actuellement fermée au public, pour faire quelques images. 

Il y a quelques années, j’avais contourné San Pedro de Atacama, car tous les voyageurs croisés, en venaient ou bien s’y dirigeaient. Je ne voulais pas me trouver dans un ghetto à touristes. Aujourd’hui, je dois bien avouer que je savoure l’endroit dont le calme dû à la pandémie du covid, ajouté au charme de la bourgade, y sont grandement appréciables. Au loin, du haut de ses 5916 mètres, le cône enneigé du volcan Licancabur veille sagement sur la ville assoupie.