Une étonnante architecture.
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Détour par la Mer Noire.
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Mes dernières heures bulgares ressemblent étrangement aux premières quant à la vision de bâtiments délabrés. En traversant un bourg j’aperçois parfois une ou deux personnes, souvent âgées qui semblent juste attendre que le temps passe, comme s’ils fixaient le lent écoulement d’un sablier qui n’atteindrait jamais l’épuisement.  

Un vieil homme attablé avec la gérante de l’unique boutique du village semble heureux de voir un inconnu s’arrêter le temps d’une pause. Il bredouille quelques mots qui me demeurent incompréhensibles puis sort de sa poche un harmonica afin de jouer un morceau traditionnel bulgare. « Il est âgé de 90 ans » me précise l’épicière. La pétillance de ses yeux révèle le plaisir qu’il ressent à jouer ainsi.

De nombreuses parcelles de tournesol meublent dorénavant le paysage. La chaleur s’est bien installée. Le soir, j’opte d’ailleurs plus fréquemment pour mon hamac à la place de ma tente.

Le temps de glaner quelques prunes et cerises dont la maturité est parfaite, me voilà finalement à la frontière turque.

Un douanier me désigne au hasard une sacoche qu’il souhaite inspecter. Je commence à la vider sans qu’il ne paraisse s’y intéresser, lorsqu’il me fait signe de passer sans avoir à terminer mon déballage.

J’immortalise le moment devant le panneau d’entrée en Turquie puis je roule en direction de la première station-service pour y prendre le premier d’une longue série de thé.

A peine la frontière franchie, je note un changement déjà important. Je vois des habitants et de la vie, dans les villages traversés.

Chose très touchante, on me lance régulièrement des « welcome, welcome » (bienvenue, bienvenue). Comment ne pas penser qu’en ce moment, il est malheureusement très peu probable, que dans les villages français, les habitants lancent ainsi des « bienvenue » à un étranger de passage. Il serait bon qu’au lieu de rejeter la différence, nous nous enrichissions plutôt de celle-ci car nous avons toujours beaucoup à apprendre des autres.

L’accueil turc n’est pas que légendaire. Un peu avant mon entrée dans Süloglu, un petit camion s’arrête et son chauffeur en descend avec l’intention de charger mon vélo. Je lui explique alors que tout va bien et que je souhaite poursuivre sur mon deux-roues. Du coup il me lance : « yemek, yemek » (manger) et m’invite à suivre son véhicule.

Arrivés au centre du village il m’offre un thé et une bouteille d’eau. Le thé terminé, nous allons manger à deux rues de là. Le jeune serveur parlant anglais facilite notre communication. Puis retour au véhicule où j’enfourche mon vélo pour le suivre chez lui. Mehmet me fait visiter le tour de sa maison où il élève des poules, dindons, oies…quelques veaux sont aussi dans un enclos. Le temps de boire un café et Mehmet ne cesse de vouloir alourdir mes bagages de sa grande générosité. Paquets de biscuits, confiseries, fruits…il veut me donner beaucoup d’autres choses que je dois refuser. Au moment de partir une franche accolade clôture cette admirable rencontre. Alors que Mehmet retourne à son travail, les kilomètres suivants, je pédale en pensant qu’il est vraiment rassurant de voir des populations pour lesquelles « hospitalité » n’est pas seulement un mot.

Je me dirige vers Istanbul en suivant un itinéraire me préservant d’une circulation trop dense. Le parcours est très accidenté et assez boisé.

Je me délecte de çorba (soupe) et de thés qui me sont très souvent offerts. Puis j’amorce la descente vers le détroit du Bosphore que je ne franchirai pas avant quelques jours.

La ville est toujours aussi grouillante, mais son approche m’a semblée bien moins stressante que lors de mon dernier passage. A cheval sur deux continents Istanbul est vibrante et envoûtante. Le brassage incessant de populations et de cultures différentes, font tout le charme de cette ville unique.

Je fais le tour de quelques monuments emblématiques tout en succombant aux délices de plusieurs spécialités locales.

Mon séjour stambouliote aux aromes de thés devrait encore durer quelques jours. A quelques pas de la corne d’or et quelques autres du Bosphore, je me laisse porter par cette atmosphère inégalable.