
Une frontière, mille promesses, (janvier 2018).
7 avril 2026Depuis mon retour contraint en France, je cherche ma place dans un monde immobile dont les codes me semblent désormais étrangers. Tout m’y paraît figé, presque opaque, comme si j’avais désappris la langue de la sédentarité.
Alors, depuis trois jours, je m’égare volontairement dans les terres du Sud-Ouest, à quelques encablures de chez moi. Une fugue discrète pour m’alléger du poids des habitudes, pour suspendre, le temps d’un détour, les exigences du quotidien. Je retrouve avec une joie simple le goût du bivouac, l’oubli des heures et des dates, la rudesse douce de l’itinérance, cette vie en mouvement qui, au fond, me ressemble davantage.
À l’instant où j’écris, le monde respire autour de moi. Le bourdonnement heureux des abeilles tisse l’air, les oiseaux y déposent leurs notes claires, et je sens en moi une détente oubliée renaître, comme un apaisement longtemps attendu.
Tout cela ne durera qu’une douzaine de jours… du moins, pour l’instant.



