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Je dévore les kilomètres sur l’altiplano bolivien en direction de La Paz où je compte faire réparer et nettoyer mon appareil photo. Il n’a nullement apprécié le sable porté par le vent de l’Atacama.

Depuis quelques années une belle route goudronnée relie Uyuni à La Paz. Fini, la « tôle ondulée » et la poussière. Une certaine monotonie s’installe et le joyeux ronronnement de mon vélo possède dès lors un effet hypnotique. Je ne me rends même plus compte des kilomètres qui défilent et je m’échappe sans cesse dans de profondes rêveries. Lorsqu’un camionneur ou un chauffeur de bus me klaxonne en guise de salut, je sors brusquement de ma léthargie et réalise illico que je suis toujours sur l’Altiplano.

J’ai à peine conscience de mon passage proche de celui qui était le deuxième plus grand lac de Bolivie et qui aujourd’hui a disparu. Le lac Poopó, victime à la fois du réchauffement climatique et du détournement d’une rivière, tombe inéluctablement dans l’oubli. En guise d’oraison funèbre, les cartes mentionnent encore son nom.

Les paysages ne sont plus aussi spectaculaires mais dans les bourgades traversées je me délecte de la richesse des petits marchés.  A Oruro, c’est même une folie douce qui s’empare quotidiennement des rues du centre. Les couleurs, le bruit, les odeurs…tout est ici réuni pour accentuer le dépaysement.

Puis ma route solitaire menée depuis plusieurs mois, prend une grande claque à l’approche de La Paz. Arrivé à « El Alto », sur les hauteurs de la ville, ce n’est plus que moteurs, klaxons, embouteillages, fumée noire sortant des pots d’échappement. Les véhicules me frôlent sans interruption et si certains camions me glacent le dos avec leur déplacement d’air, d’autres m’hérissent les poils de par leur proximité soudaine.

Dès lors j’entame la spectaculaire descente vers La Paz. J’ai le sentiment d’être littéralement avalé par cette ville. Les collines environnantes sont tapissées de constructions anarchiques en briques qui tentent d’atteindre les nuages. Le spectacle est considérablement contrasté avec mon quotidien de ces derniers mois. J’en suis presque effrayé. Pourtant, après avoir slalomé entre les véhicules, j’arrive au centre-ville où je me dirige vers la « casa de ciclistas » tenue par Cristian. Je suis seul dans ce lieu rustique où les témoignages de centaines de voyageurs ornent les murs du lieu. J’amène mon appareil photo à réparer et déambule dans les rues de cette ville où de vieilles maisons coloniales se sentent un peu seules au milieu de bâtiments d’une banalité déconcertante. Je parviens néanmoins à déceler un brin de charme dans ce chaos urbain…sans doute avais-je besoin de voir un brin d’agitation autour de moi.