Flâner à Antofagasta.
6 juin 2021
Bourrasques poussiéreuses.
19 juin 2021

Au terme de trois semaines d’une vaine attente, tel un oiseau migrateur, je m’apprête à prendre mon « envol » vers les hauteurs de la cordillère.

Devant le risque de devoir patienter encore longtemps pour recevoir mes nouvelles roues, j’ai finalement décidé d’en acheter localement, en espérant surtout qu’elles résisteront jusqu’à l’arrivée des autres.

Terminé le confort douillet d’un lit pour retrouver celui, certes plus spartiate mais tellement plus envoûtant, de mes bivouacs aux millions d’étoiles.  Si mes muscles sont inquiets, mon esprit quant à lui piaffe d’impatience. J’ai en effet, une furieuse envie de quitter Antofagasta. Lorsque je porte mon regard vers les collines voisines, j’y aperçois une multitude d’habitations qui s’agrippent et se hissent sur leurs flancs, voulant probablement comme moi, décamper vers le désert.

C’est néanmoins avec une pensée solidaire à mes amis colombiens que je vais poursuivre ma route. Solidaire avec ce Peuple qui se soulève en ce moment contre le gouvernement d’Ivan Duque, contre la corruption et la violence dont sont victimes depuis déjà de longs mois des porte-parole de la société civile. Les représentants de communautés indigènes, des droits humains, de la jeunesse, des syndicalistes, sont particulièrement visés. Aujourd’hui, les gens n’en peuvent plus, certains ont faim mais tous veulent vivre dignement et en Paix.

Les blessés et les morts se rajoutent aux nombreux disparus, tous victimes de l’éternelle connivence entre les gouvernements successifs et les narcotrafiquants.

C’est donc avec une pensée pour tous ces gens-là que lundi matin, après un dernier café sur la place Colon, je vais débuter une ascension de plusieurs jours vers les étoiles…