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Il ne fait aucun doute, qu’une fois de plus, les plus démunis vont payer le prix fort face au coronavirus. Dans de trop nombreux pays, une grande partie de la population se lève le matin en quête de nourriture pour la journée. La survie de ces gens-là dépend totalement du petit travail qu’ils vont alors pouvoir trouver. Dès lors, comment est-il possible de leur imposer un confinement ? Il ne fait aucun doute que les tensions vont être grandes dans de nombreuses régions, et je ne serais malheureusement pas surpris que des émeutes, ressemblant aux émeutes de la faim connues entre 2007 et 2008 revoient le jour dans les mois qui viennent. A ce moment-là de beaux discours prétendaient vouloir changer les choses. Pourtant, aujourd’hui encore, plus d’une personne meurt de faim sur terre toutes les 4 secondes, soit 25000 morts de faim par jour (chiffres des Nations Unies). On a souvent trop tendance à oublier ces chiffres. Cela en fait des coronavirus! Mais on s’en accommode, car les populations touchées sont souvent loin de nous. Les derniers chiffres que j’ai vu annonçaient 87000 morts du coronavirus dans le monde, c’est ce que la faim cause en 3 jours et demi, et ce, depuis des années.

Où en sommes-nous en Colombie ?

A Bogota, alors que le gouvernement à déclaré qu’à partir du lendemain il serait interdit d’expulser les personnes qui ne peuvent pas payer les loyers, 1200 personnes se sont trouvées dans la rue pendant la nuit qui a précédé cette mise en place.

Dans des quartiers où le gouvernement prévoyait d’envoyer des sdf s’abriter dans des gymnases, la population est sortie protester pour empêcher cela. Certaines personnes étaient même armées de machettes. Parmi ces sdf, se trouvaient en grande majorité, des réfugiés vénézuéliens.

Dans la Valle de Cauca, des infirmières ne reçoivent plus leur salaire depuis 3 mois et certaines depuis 6 mois. Face à la pénurie d’équipements certaines se protègent même avec des sacs poubelles.

Mon confinement :

Vous conviendrez donc qu’il serait bien déplacé de ma part de me plaindre de ma situation personnelle. Le confinement est donc prolongé pour l’instant jusqu’au 27 avril et relativement bien respecté dans la ville où je me trouve. Les frontières sont fermées jusqu’au 30 mai, mais je pense que toutes ces dates vont probablement se prolonger.

Je me balade donc entre table, canapé et lit avec jusqu’alors, une balade quotidienne à quelques centaines de mètres pour promener le toutou du propriétaire.

Je passe donc mon temps à rêver d’un monde meilleur, plus solidaire, plus respectueux des gens et de la nature…mais je ne fais que rêver !