Les invisibles.
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Les stigmates de l’histoire.
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En quittant Antofagasta, j’emprunte la route du littoral nord, en direction de quelques villages, aujourd’hui disparus.

Le premier sur ma route est Cobija. En 1869, la fièvre jaune tue une grande partie de sa population. Huit ans après, c’est un tremblement de terre suivi d’un tsunami qui s’acharnent sur la bourgade. Cobija semblait bien voué à disparaitre. D’environ 5000 habitants, on n’en compte alors moins de 400. Aujourd’hui quelques dizaines de pêcheurs s’y sont installé.

Toute la zone, alors bolivienne, passe aux mains chiliennes en 1879, lors de la guerre du Pacifique.

Viennent ensuite les ruines de Gatico où accostaient des bateaux du monde entier. En 1914 s’y est construit une grande maison (la casona), réservée aux gens les plus riches. Les ouvriers n’y avaient pas accès. La « casona » était le symbole d’une nouvelle ségrégation sociale. Elle est à présent le témoin muet de cette période. La crise de 29 aux Etats-Unis, ainsi que plusieurs tremblements de terre, ont sonné le glas de cette localité portuaire.

A Cobija comme à Gatico, le ressac du Pacifique berce les morts des cimetières qui jouxtent le rivage, un peu à l’écart des ruines. Encore quelques décennies et le temps y aura peu à peu effacé cette page d’histoire.

Me voici à présent à Tocopilla où je dois me rendre à la banque pour payer ma prolongation de séjour dans le pays. Je vais ensuite quitter le littoral pour m’abandonner à nouveau, à la splendeur du désert.