Des ruines côtières.
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Flâner à Antofagasta.
6 juin 2021

En quittant Tocopilla, je m’apprête à rouler dans la partie du désert la plus aride au monde. Vers Maria Elena, il n’est pas tombé la moindre goutte d’eau pendant plus de 22 ans. Nombreux sont d’ailleurs les enfants à ne jamais avoir vu, ni senti, la moindre gouttelette de vie. Ici, par peur de s’y brûler, les gouttes s’évaporent avant même de toucher le sol. Dans ce coin du monde, il ne pleut que sable et poussière.

Aujourd’hui comme hier, les compagnies minières se sont accaparées d’une partie du désert. Les vestiges du passé sont d’ailleurs nombreux dans la région. Les ruines de Pedro de Valdivia en font partie, malheureusement, le gardien du site ne m’en autorise pas l’accès.

Plus loin, je passe à Chacabuco dont l’origine de la cité minière remonte à 1922. La ville de plus de 5000 habitants comprenait hôpital, théâtre, hôtel, école, épicerie, marché… Son activité prenant définitivement fin en 1940, l’endroit fut totalement abandonné.

Entre 1973 et 1974, Pinochet l’utilisa comme camp de concentration pour prisonniers politiques. Environ 1800 personnes de différentes régions et de toutes classes sociales y furent internés, totalement coupés du monde. Tout autour du camp le terrain était miné.

Lorsqu’en soirée, je demande à un couple de chiliens s’ils sont déjà allés visiter Chacabuco, la femme me répond : « non, c’est trop douloureux pour nous » !

Le Chili, pays aux multiples visages, m’expose les stigmates de sa douloureuse histoire, même dans ses zones les plus reculées.

Sur le bord des routes du désert, quelques croix et petits oratoires rappellent qu’ici la monotonie peut tuer. Pour survivre il faut se persuader que ces longues lignes droites mènent bien quelque part…

Je retrouve à présent Antofagasta où malheureusement mes roues ne sont toujours pas arrivées. J’y entame donc une nouvelle attente qui j’espère ne s’éternisera pas car les hauteurs de l’Atacama m’appellent.

Néanmoins, point positif, 90 jours supplémentaires pour mon séjour au Chili viennent de m’être octroyés.