Or, peintures, soleil et vent glacial.
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Arômes de « cafezinhos ».
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Pendant plusieurs jours la météo se fait plutôt déprimante. Un brouillard épais accompagne mes matinées et ne daigne se lever qu’en début d’après-midi. Même sans pluie, je dois, chaque matin, plier ma tente totalement humide.

Sur les pistes empruntées, il me faut être très attentif aux nombreux grumiers que je croise. L’après-midi, lorsque le soleil daigne se lever, ces camions me recouvrent de poussière. J’aperçois régulièrement des Nandus qui se mélangent aux moutons dans les prairies qui m’entourent…visiblement ils paraissent bien s’entendre.

Alors que je trouvais de nombreux renards écrasés, ce sont à présent des putois qui gisent en nombre sur les routes. Décidemment les véhicules motorisés n’épargnent personne.

Lorsque j’arrive dans la bourgade de Cerro Chato, j’apprends que celle-ci a été le lieu d’un évènement d’une grande importance. C’est en effet ici-même que pour la première fois sur le sol sud-américain, une femme a pu voter. C’était le 3 juillet 1927. Pour rappel, en France, les femmes ont voté pour la première fois le 29 avril 1945, lors d’élections municipales. La Nouvelle-Zélande fût le pays précurseur en la matière puisque c’est en 1893 qu’elles votèrent lors d’élections législatives.

Mais, dans cette bourgade, c’est surtout une petite cafétéria qui m’a conquis. J’y trouve des mets et des pâtisseries qui enchantent mes papilles. Il y a longtemps que je n’avais pas goûté à de telles saveurs. Cependant le plaisir est de courte durée car je poursuis ma route au goût de pâtes et de purées déshydratées.

Dans la ville de « Treinta y Tres », je fais la connaissance de Juan qui a passé de nombreuses années sur des bateaux de pêche aux quatre coins du monde. Il a pêché au Danemark, au Nigéria en Antarctique…Le temps d’un café, nous échangeons quelques anecdotes qui nous font revivre des moments forts de nos vies respectives.  

Puis mon itinéraire me mène vers la frontière brésilienne. Je distingue des milliers de petits monticules dans les champs. Apercevant un agriculteur sur son tracteur, je vais lui demander de quoi il s’agit. L’homme m’explique alors que ce sont des fourmilières et qu’il va justement les détruire. « La zone en est totalement infectée » me dit-il.

Les paysages sont également pourvus de nombreux palmiers qui succèdent dorénavant aux eucalyptus. Quelques vaches pataugent gaiement dans des zones inondées.

Puis, après la visite du fort San Miguel, débuté par les espagnols et terminé par les portugais, j’atteins enfin Chuy qui sera ma dernière ville uruguayenne. Ici la frontière se situe sur l’avenue principale de la ville. Au nord c’est le Brésil et au sud, l’Uruguay. Entre les deux, on va et vient sans le moindre contrôle. J’en profite d’ailleurs pour passer mes premières nuits sur le sol brésilien, tout en étant officiellement toujours du côté uruguayen. Demain, je régularise ma situation et débutera alors mon parcours en terre brésilienne au son de la langue portugaise qui je dois bien l’avouer, me manquait beaucoup.