En direction d’Asuncion.
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A Ciudad del Este, j’effleure le Brésil.
9 novembre 2021

Si j’ai trouvé du changement depuis mon arrivée au Paraguay en comparaison à mon précédent passage datant d’une vingtaine d’années, je ne peux que déplorer une certaine constance quant à l’abandon partiel du centre-ville d’Asuncion. Certes, la capitale s’est étendue et des immeubles se sont élevés. Mais on a construit sans la moindre unité architecturale. Au cœur de ces nouveaux bâtiments de remarquables maisons coloniales luttent contre un délabrement inéluctable. Quel dommage !

Sur la place Uruguaya, des familles indigènes, pour certaines chassées de leurs terres, vivent sous des bâches, à l’ombre des arbres.

Le monde « moderne » maintient désespérément sa course effrénée pour s’écraser sur le mur de la réalité. Le fameux monde d’après covid parait poursuivre sans compter sa folie consumériste en feignant d’ignorer le côté limité des ressources de la planète… les belles paroles et les nombreux engagements ont été emportées par le vent de l’oubli. 25000 personnes meurent toujours quotidiennement de faim sur la planète dans une scandaleuse indifférence.

Mes dernières heures à Asuncion m’offrent l’occasion de déambuler proche de la place Uruguaya. Souvent, lors de mes passages dans les grandes villes, plutôt que de cavaler de tous côtés, j’opte pour un quartier dans lequel je prends quelques habitudes. Un café ici, une discussion là, j’ai le sentiment de m’imprégner plus profondément de l’atmosphère des lieux. J’y sympathise avec quelques personnes. Cela me permet également d’effectuer ces balades sans toucher à mon vélo. Muni d’un petit sac à dos qui vu la chaleur ne cesse de me coller au dos, je fais du quartier un « chez moi » éphémère.