Abou Simbel.
3 juin 2025
Cocktail détonnant.
17 juin 2025
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C’est au cœur de la nuit que j’atteins la capitale éthiopienne d’Addis Abeba, « Nouvelle fleur », en amharique. Le temps d’accomplir les formalités afin de bénéficier d’un visa de 90 jours pour un montant de 150 dollars, puis de récupérer mes bagages ainsi que mon vélo, me voilà dans le hall de l’aéroport presque désert.

Je me procure une nouvelle carte Sim avant de me réfugier dans un petit coin tranquille pour attendre le lever du jour.

Lorsque le hall commence à s’animer, je me dirige vers un kiosque déguster mon premier café éthiopien. Pour faciliter l’obtention du visa, j’avais réservé une chambre d’hôtel. Un taxi m’y amène. La réservation ne débutant qu’à partie de midi, je patiente encore un peu avant de m’écrouler sur un lit douillet à souhait.

La capitale située à une altitude variant entre 2300 et 2600 mètres, connait des températures nettement plus agréables que celles en vigueur au Sud de l’Egypte.

Le remontage de mon vélo qui n’était que partiellement démonté et la réorganisation de mes bagages occupent la matinée suivante.

J’erre ensuite dans le quartier de l’hôtel afin de prendre le poult de ce nouveau pays. Les rues sont peuplées de nombreuses échoppes proposant des cafés, boisson, ici, totalement incontournable. Les grains sont torréfiés sur place dans une poêle avant d’être pilés. Puis le café est servi avec un rituel qui consiste à amener un mini brasier dans lequel se trouve de l’encens odorant. Ce mélange d’odeurs nous plonge aussitôt dans des pensées apaisantes permettant de pleinement savourer cet instant unique.

De nombreuses petites échoppes font office d’épiceries. Celles-ci n’offrent que des produits basiques. On trouve également de nombreux débits de boissons alcoolisées.

En poursuivant ma balade, je traverse une zone où les salons de massages sont en grand nombre. Il est clair que ceux-ci abritent des lieux de prostitution, si l’on en juge les quelques filles qui m’interpellent à mon passage.

Je suis également sollicité par quelques enfants revêtus de vieilles guenilles crasseuses. Quelques chiens sont alanguis au soleil.

Mais une chose à laquelle depuis de nombreux mois je n’étais plus habitué, c’est la propreté des rues. Un homme m’explique qu’il y a deux collectes d’ordures quotidiennes. Cela fait du bien à voir, car je dois avouer que l’état de saleté constaté en Egypte était plutôt désespérant. J’ai hâte de m’éloigner de la capitale pour vérifier si cela est général au pays.

Je profite de ce passage à Addis Abeba pour une visite au musée national afin d’y retrouver une très vieille dame âgée de 3,18 millions d’années : Lucy.

Elle a été découverte le 24 novembre 1974 à Hadar sur les bords de la rivière Awash. Le squelette de Lucy ne comprend que 52 ossements sur les 206 du corps humain. Sa découverte fut à l’époque très importante pour une meilleure compréhension de l’évolution humaine.

Après mon rancard avec Lucy, je poursuis ma balade à pied au hasard des rues. Je suis soudain surpris par une bonne averse. La saison des pluies va bientôt débuter. Il y a bien longtemps que je n’avais pas reçu la moindre goutte.

L’heure de quitter Addis Abeba sonne. Plusieurs personnes me mettent en garde sur le risque de monter vers le nord car des groupes armés peuvent barrer la route, racketter et agresser violemment les gens de passage. J’essaierais de me fier à mon ressenti au fil de mon avancée.

Je suis rapidement épaté par la gentillesse et les sourires des gens. Ils ont en eux une douceur naturelle qui me donne plutôt confiance pour la suite de mon trajet.

J’adore mes haltes pour déguster l’excellent café éthiopien. A chaque arrêt c’est l’occasion d’échanger avec quelques personnes ou d’observer l’activité environnante. Les saluts se multiplient, m’offrant constamment des sourires.

Quel Bonheur de rouler ainsi !

Le profil de la route est un peu vallonné. Il y a longtemps que je n’avais pas eu d’ascension : depuis mon passage en Irak.

J’aperçois des bergers dans les champs surveillant des chèvres ou quelques vaches. D’autres labourent avec un attelage de zébus, pratique millénaire en Ethiopie.

De nombreux bosquets d’Eucalyptus occupent le paysage. Le bois sert entre autres pour les échafaudages utilisés dans la construction.

Quelques entreprises chinoises se sont installées pour notamment recycler le plastique. Ils en font des chaises, des tables, et ainsi que de multiples récipients… De nombreux autres pays en auraient grandement besoin. Pour l’instant je suis toujours agréablement surpris par la propreté du pays.

Visiblement, l’Ethiopie connait des problèmes d’approvisionnement d’essence. De nombreuses stations-services sont en rupture de stock. Le personnel attend patiemment la livraison. Lorsque l’une d’entre elles est enfin livrée, aussitôt quelques véhicules apparaissent. Un chauffeur de Tuk Tuk à qui je demande comment il fait, m’explique qu’il s’approvisionne au marché noir, ce que je vais devoir faire pour mon réchaud.

Lorsque je déniche une gargote, un peu à l’écart de la route pour me restaurer, j’y trouve toujours quelques personnes pour me tenir compagnie. Quelques personnes viennent chercher des sacs de farine, qu’ils transportent ensuite à dos d’ânes dont les braiments peu discrets sont fréquents.

Alors que j’effectue une ascension, deux fillettes, leur cartable sur le dos, se mettent à me suivre en courant, le visage illuminé d’un beau sourire. Je me demande alors si on trouve encore en France des enfants aptes à courir ainsi, sans but précis, juste pour l’amusement ?

Ces premiers jours sur le sol éthiopien s’avèrent vraiment exquis. J’espère que la suite sera tout aussi plaisante.