Premiers tours de roues en Ethiopie.
10 juin 2025
Café éthiopien.
17 juin 2025
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10 juin 2025
Café éthiopien.
17 juin 2025

Depuis mon arrivée en Ethiopie, je retrouve un parcours accidenté auquel je m’étais déshabitué. La circulation est clairsemée, ce qui me convient parfaitement. De nombreux spots de bivouacs semblent m’inviter à abréger mes étapes. Les Eucalyptus se font de plus en plus présents. Sur le bord de la route, des tas de bois coupé attendent les acheteurs. Les hauteurs m’offrent de jolis points de vue.

Je croise régulièrement des personnes qui marchent, accompagnant quelques bêtes au pâturage. D’autres, essentiellement des femmes suivies de leurs enfants, reviennent de cueillir du petit bois, probablement pour cuisiner.

A un sommet, je suis surpris par une succession d’échoppes ne proposant à la vente que des bouteilles d’alcool forts. Chose peu rassurante, les clients sont essentiellement des chauffeurs. Il me faudra être méfiant sur la route.

Tout au long de la journée, j’ai croisé des véhicules transportant des militaires en armes mais également deux pick-up chargés d’hommes en civil, armés de Kalachnikov. M’apercevant, un véhicule a ralenti et m’a croisé en roulant au pas, sans toutefois m’interpeller.

Alors que je pense camper dans les bois, j’amorce une longue descente au revêtement quelque peu détérioré. Soudain, surgit devant moi une famille de singes. J’ai le temps de prendre quelques clichés avant qu’ils ne disparaissent.

Puis j’atteins un grand village où l’animation m’attire. Passant devant un bar proposant quelques habitations, je n’hésite pas longtemps lorsqu’on m’annonce le tarif de 3 euros pour la nuit. Une fois tout mon barda monté dans ma chambre, je redescends boire une bonne bière. Autour de moi, quelques personnes font de même. Le calme règne et je savoure pleinement ce moment.

Pour manger, je dois traverser la rue. L’endroit est obscur, juste éclairé par de minuscules ampoules colorées. Peut-être vaut-il mieux ainsi, afin de ne pas trop voir l’état de propreté douteuse du lieu. On me propose l’unique plat : des pâtes aux légumes. Cela va s’avérer un vrai régal. La cuisson des légumes est idéale, ils sont croquants à souhait, comme j’aimerais pouvoir les cuisiner moi-même.

A la table voisine, un militaire, sa Kalachnikov dans une main, commande une bière. Problème : sur sa table trônent déjà 6 bouteilles vides. Pas certain que l’alcool ne fasse bon ménage avec son dangereux « jouet ». L’homme a néanmoins l’air très sympathique et semble plutôt calme.

Puis en arrive un autre en civil également armé d’une Kalachnikov. Probablement y-a-t-il une promotion dans la boutique du coin ! Mais ce dernier attaque directement la bouteille de whisky. Là, je commence sérieusement à m’inquiéter sur la suite des événements. Armé pour ma part d’une simple fourchette, je termine mon délicieux plat de pâtes et retourne m’allonger pour bouquiner un peu avant de plonger dans un profond sommeil.

J’aperçois de très nombreux hommes en armes dans le coin.

Je bois un café, lorsqu’un homme s’approche et m’adresse la parole dans un anglais impeccable. Il m’invite à être prudent car les hommes en armes sont souvent alcoolisés en soirée. « Mieux vaut rester à l’écart » me conseille-t-il. Il m’invite également à éviter de camper car une fois repéré, je peux m’attirer quelques ennuis.

Puis je commence à redescendre en altitude. Les degrés montent. Les eucalyptus font place aux acacias et autres nombreux épineux, menaçant mes pneus.

Dorénavant, je croise de nombreuses femmes voilées qui ne répondent que très rarement à mes salutations. La zone commence à être jonchée de détritus, chose surprenante, car depuis Addis Abeba c’était plutôt propre.

Je croise des dromadaires chargés de bidons d’eau. Les ânes lourdement chargés sont toujours bien présents.

De nombreuses personnes sacrifient plusieurs heures de leurs journées à la corvée d’eau.

En longeant une rivière je distingue des gens affairés au nettoyage de leur Tuk-tuk.

Puis je remonte un peu.

Au petit matin la route est accaparée par des petits troupeaux de chèvres ou vaches. Parfois c’est un jeune garçon qui fait office de berger. D’autres fois ils sont plusieurs, mais il arrive aussi que ce soit une famille complète.

Les cornes de certaines vaches sont très impressionnantes et n’incitent guère à les asticoter.

Je roule tranquillement, observant le décor environnant et je profite de petites haltes pour m’imprégner de l’atmosphère éthiopienne.

Dans les petits villages, de  nombreuses gargotes servent de l’alcool. De plus en plus de gens mastiquent du Qat.

Alcool, Qat, armes, pas certain que ce cocktail soit une bonne combinaison !

Je poursuis néanmoins dans une atmosphère plaisante. Certes, j’entends parfois : « money, money ! », mais pour l’instant cela est plutôt rare.

En revanche, il est fréquent que des personnes en loques passent de gargote en gargote afin de demander l’aumône. Dans le pays, environ un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et l’accès à l’eau potable est un problème majeur.

En poursuivant ma route vers le nord quelques belles grimpettes s’offrent à moi. Il arrive que des gamins me suivent en courant sur quelques dizaines de mètres. La fluidité de certaines foulées me laisse totalement rêveur.