Mon vélo se confine aussi.
21 mars 2020
Chronique 3/2020 : La route imprévisible.
30 mars 2020

Depuis la désertion soudaine des rues par l’espèce humaine, le plus fidèle de ses compagnons se sent bien seul. Même sans maître, les chiens errants adaptent habituellement leur parcours et leur comportement en fonction des agissements de l’Homme. Depuis quelques jours, j’en vois passer, ne décollant guère le museau du sol, en quête d’un vieux crouton, d’un os oublié, ou simplement d’une rognure quelconque. Mais leurs présentes divagations rapportent peu. Leur incompréhension se lit dans leur regard interrogateur et triste. Impuissant, je les observe attentivement. Leur passage me rassure et vient rompre ma routine. Ce sont les seuls à qui je peux actuellement adresser la parole. Ils me répondent de leur regard. Leur seule présence m’est précieuse.