La Quiaca, maintenant, cap au sud !
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De retour à Salta.
20 février 2022
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A La Quiaca, où j’attends une fenêtre météo favorable, on m’annonce de nombreuses difficultés à venir sur cette route mythique. Plusieurs personnes y ont dernièrement laissé la vie en raison des brusques montées d’eau. Que va-t-il en être ? J’ai hâte d’en découdre avec cette piste dont seul le nom emplit mon esprit de souvenirs et d’images variées et aventureuses. Il va néanmoins me falloir faire preuve de grande résilience.

Très rapidement, les paysages minéraux qui m’accueillent m’offrent le plus beau visage d’eux-mêmes. Je les traverse silencieusement, avec une admiration considérable et une extrême humilité. Au cœur de cet univers minéral, je me sens démuni et vulnérable. Paradoxalement, je me sens également foncièrement vivant, comme partie intégrante de cet ensemble.

Ces derniers jours furent physiquement éprouvants, mais l’effort a toujours été récompensé par la beauté environnante. Ainsi, lors d’une traversée à gué d’une petite rivière, je m’étale lamentablement dans l’eau. Je suis inquiet pour mon appareil photographique qui est mouillé et je profite du soleil naissant pour tout faire sécher avant de poursuivre. Seul mon objectif grand angle semble ne pas avoir supporté la baignade surprise.

Sur certaines portions, la couche de sable ou de caillasse est telle qu’elle m’oblige à arracher mon vélo de cette piste impitoyable en poussant sur plusieurs centaines de mètres. Parfois, un convoi de poids-lourds appartenant à des compagnies minières me gratifient sur plusieurs kilomètres de nuages poussiéreux.

Heureusement, plusieurs passages à plus de 4400 mètres d’altitude viennent me donner la délicieuse sensation de flirter avec les nuages.

Les rencontres sont rares et généralement surprenantes. Ainsi lors d’une ascension, j’aperçois un vieil orpailleur dans le lit d’un ruisseau. Je descends à sa rencontre le temps d’échanger quelques mots et repars dubitatif quant à la présence d’or en ce lieu.

Le lendemain, au milieu de nulle part je trouve un homme et son chien sur le bord de la route. L’homme vit avec son « toutou » et élève des lamas, éloigné de toute présence humaine. Vie solitaire, rude et dépouillée. Rencontre improbable sur les hauteurs de la « ruta 40 ».

Aujourd’hui, je récupère quelques forces dans la bourgade de Susques avant de poursuivre ma progression sur cette route légendaire qui me réserve sans doute d’autres belles surprises.