Une nature serbe généreuse.
9 juin 2024
Une étonnante architecture.
22 juin 2024
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Je quitte la Serbie au petit matin, avec une certaine impatience de retrouver le sol bulgare dont mon dernier passage dans le pays date de 2011. Le franchissement de cette frontière n’est dorénavant qu’une simple formalité.

A quelques pas du poste de douane je me présente à une guérite qui fait office de bureau de change.  Il m’est malheureusement impossible d’y troquer mes dinars serbes contre des Lev bulgares.

Renonçant à l’idée de perdre cet argent, je retourne à la douane espérant qu’un véhicule passe en sens inverse. Par bonheur, une dizaine de minutes s’est à peine écoulé, lorsque surgit un 4×4. Le couple vient d’Ukraine et se dirige vers la Serbie. Ils acceptent de m’échanger l’argent qui leur sera rapidement utile.

Quelques tours de roues plus loin, j’aperçois une ancienne station-service abandonnée ainsi que plusieurs constructions dont la végétation a pris le contrôle. Une petite route ombragée me conduit ensuite dans des villages moribonds. Les maisons délabrées y côtoient d’anciens bâtiments publics fantômes et de nombreux jardins en friche. J’aperçois devant une chaumière, trois personnes qui s’enivrent de bon matin. Le plus âgé est déjà particulièrement imbibé. Pas sûr que les mots bulgares qu’il bafouille soient vraiment sortent de sa bouche dans le bon ordre. Le sol est jonché de bouteilles vides. Le jeune couple partageant cette beuverie matinale semble mieux résister. Néanmoins, le débit de leurs paroles et la lueur trouble de leur regard trahissent un état d’ivresse également bien avancé. Conscient que ce genre de situation peut devenir rapidement incontrôlable et surtout très désagréable, je poursuis donc ma route.

Plus loin, alors que je quitte un autre hameau agonisant, j’aperçois un véhicule de police stationné à l’ombre d’un arbre. Nécessitant une précision sur la direction à prendre, je m’approche et interrompt visiblement la sieste des agents. Il est évident que la surveillance de la zone n’entraine pas un surmenage considérable. Ces policiers-là ne sont nullement exposé à un risque de Burn-Out. L’un d’entre eux, me propose même de boire un coup de « rakija » que je refuse poliment prétextant la chaleur ambiante et le parcours accidenté à venir.

Quelques kilomètres plus loin, c’est un camion de cantonniers qui est arrêté à l’ombre. Je me demande ce qu’ils font dans le coin et visiblement eux-mêmes cherchent également la réponse à cette interrogation.

J’atteins enfin la bourgade de Belogradtchik, véritable coup de cœur de ces dernières semaines de route. Une forteresse, dont le début de la construction remonte de l’époque romaine, domine majestueusement la ville. Ses murailles s’intègrent à merveille aux pitons rocheux naturel qui peuplent le territoire. L’endroit est vraiment remarquable et justifie amplement le détour. Je suis sous le charme des différentes formations rocheuses magnifiquement intégrées dans la forêt environnante.

La veille de mon arrivée à Sofia, je campe dans un bois bercé par le plaisant murmure d’un torrent, proche de Barzia.  Vient ensuite une dernière ascension avant la longue descente vers la capitale où je me trouve en ce moment.

Au cours des prochains jours je vais donc retrouver une ruralité bulgare injustement délaissée dont le charme paisible répond tout à fait, à mes attentes.