
Guinée-Bissau, 2008.
25 septembre 2025
Dans le sillage des vents nomades, septembre 2012.
6 octobre 2025Patagonie. À elle seule, ce nom résonne comme une promesse d’infini : terres sauvages, vents indomptés, échappées belles. Sur son versant chilien s’étire la mythique Carretera Austral, ruban sinueux qui traverse des paysages grandioses et rudes, chers à l’écrivain Francisco Coloane. Ses récits, empreints de solitude et de grandeur, ont nourri en moi l’appel d’une nature brute, peuplée d’êtres simples dont il savait si bien raconter le quotidien.
C’est là, à Chaïten, qu’un matin du 2 mai 2008, une simple colline s’est révélée être un volcan. Il n’était qu’un point de plus sur la longue épine dorsale des Andes où plus de deux mille volcans veillent sur le Chili. Mais sa naissance fut tout sauf discrète. Le Chaïten est entré en scène avec fracas : colonnes de cendres, nuées toxiques, évacuations précipitées. La pluie volcanique s’est amoncelée, formant un barrage naturel sur la rivière voisine, qui a fini par céder, emportant avec elle une partie de la ville dans un flot de boue et de désolation.
Lorsque je suis revenu, en octobre 2010, quelques irréductibles tentaient, lentement, de reprendre pied sur ces terres noircies. Sans eau courante, sans électricité, ils reconstruisaient des bribes de quotidien, portés par la mémoire de ce qu’était leur vie avant le cataclysme. Les autorités envisageaient de rebâtir ailleurs, dans une localité voisine, mais l’idée divisait : le futur de Chaïten restait suspendu, incertain, comme figé dans les volutes de ce nouveau volcan.



