Et Maintenant ?
5 octobre 2020
La manif de la frontière.
14 octobre 2020

Je viens donc de passer quelques jours au poste frontière de Rumichaca. Face à moi, un panneau indiquant : « bienvenido a la Republica del Ecuador », semble me narguer.

La journée, je reste assis devant les locaux de l’immigration colombienne et la nuit dans ma tente installée sur le bord de la chaussée, à quelques dizaines de mètres de là.

J’observe les routiers colombiens qui laissent leurs camions a des chauffeurs équatoriens. Seules les marchandises passent. Quelques femmes vendent des empanadas et des cafés. Celles-ci sont généralement suivies par quelques chiens en quête de miettes.

Un matin, quatre détonations retentissent et aussitôt une femme arrive affolée. Deux motards viennent de l’agresser en tirant dans le sol avec leur arme à feu. L’arrivée de véhicules ne leur ont pas permis de lui voler son argent, mais la victime de cette attaque est sous le choc.

Plusieurs personnes me proposent des solutions illégales et coûteuses de surcroît. Beaucoup « puent » l’arnaque.

L’officier de l’immigration ne me laisse entrevoir aucune possibilité avant le 1er novembre et même selon lui, avant la fin d’année. Par contre, un policier m’informe d’une manifestation de commerçants frontaliers des deux pays, prévue dans les prochains jours visant à faire fléchir les autorités.

Exhalant une odeur de vieux fauve, je retourne finalement en ville afin de faire le point et réfléchir aux différentes possibilités. Au mieux, je pourrais entrer en Equateur le 1er novembre, sinon je vais peut-être me diriger vers le littoral colombien malgré les nombreuses mises en garde sur l’insécurité de la zone, gangrénée par des groupes paramilitaires, des dissidents des Farcs et des trafiquants de drogues…tout un programme !

Pendant l’attente à la frontière je passe mes nuits sur le bord de la chaussée.