La mort d’un lac.
15 janvier 2025
Le bonheur d’offrir.
28 janvier 2025
La mort d’un lac.
15 janvier 2025
Le bonheur d’offrir.
28 janvier 2025

Au moment de quitter Yüksekova, en direction d’Esendere, à la frontière iranienne, j’emporte avec moi l’espoir de trouver enfin des conditions météorologiques plus appropriées au voyage à vélo. Le point culminant de la journée se situe à plus de 2200 mètres d’altitude. Le vent y est froid mais l’excitation liée à l’approche de la frontière me le fait presque oublier…tout du moins pour l’instant.

En arrivant à Esendere, je suis frigorifié. Mes mains sont de véritables glaçons. Heureusement, je me réfugie dans une gargote où je peux avaler quelques thés fumants et manger un kebab, au pied d’un poêle à bois qui tourne à plein régime pour le bonheur de quelques camionneurs jouant aux dominos en attendant de pouvoir passer de l’autre côté.

J’hésite à passer la nuit sur place. Comme il est encore tôt, je décide d’affronter les « tracasseries » liées au franchissement d’une nouvelle frontière. En fait, tout se passe bien, même si à un moment j’ai eu le sentiment qu’on m’avait oublié dans un bureau. Mon passeport, quant à lui, devait faire l’objet de multiples vérifications. Pour finir, je suis invité en entrer en Iran avec des sourires et de nombreux et joyeux « bienvenus ».

Je retrouve les increvables 405 Peugeot qui ne cesse de sillonner les routes du pays.

Au matin suivant, la neige semble à mon grand désespoir avoir également passé la frontière. Mais en me dirigeant vers Ourmia, celle-ci perd de sa blancheur pour peu à peu, laisser place à de la gadoue qui va rapidement recouvrir mes bagages.

Nouvelle carte sim, change d’argent…je suis prêt à circuler. Je profite néanmoins d’une journée pour me balader au cœur du bazar d’Ourmia. Epices, fruits secs, thés, sont bien sûr en bonne place sur les étals. Mais une fois de plus, je suis époustouflé par la quantité de chaussures, de vêtements, de téléphones portables…

J’avale un plat surplace et au hasard de ma visite je me trouve face à un vendeur de betteraves qui mijotent dans un grand récipient. Quelques personnes paraissent apprécier ce que je prenais dans un premier temps pour une sorte de flan. Le goût n’est finalement pas désagréable du tout et voilà en peu de temps mon dessert ingurgité.

Puis je file en direction de Mahabad. En route je longe celui qui était le plus grand lac du Moyen-Orient et qui aujourd’hui se meurt lentement. Sa profondeur maximale est passée de 16 mètres à 2 mètres et sa superficie à diminuée de 80 % en une quarantaine d’années. Le changement climatique d’une part, mais aussi la construction de nombreux barrages sur les cours d’eau qui l’approvisionnent et des choix de cultures plus gourmandes en eau sont les principales causes de cette agonie.

La neige a disparue et j’avoue que même si la vue de ces paysages était belle, j’en suis ravi. En revanche, l’avantage de cette couche blanche était de masquer temporairement les nombreux détritus qui jonchent le sol.

Je passe à Mahabad où mon téléphone est bloqué. Cela avait été le cas lors de mon premier passage en Iran, mais seulement au bout d’un mois. Cette fois il n’a suffit que de quelques jours pour me détecter. Je vais donc dès que possible tenter de faire débloquer la carte sim que je n’utiliserai plus dans mon téléphone mais plutôt dans un modem qui m’accompagnera jusqu’à ma sortie du pays. L’enregistrement de mon téléphone étant bien trop couteux.

En roulant vers Miandoab, je croise plusieurs cyclistes iraniens s’entrainant avec des vélos de courses. L’un d’entre eux m’invite à aller chez lui pour manger et dormir, mais malheureusement je file dans la direction opposée. Arrivé un vendredi la grande majorité des commerces de Miandoab sont fermés. Je file ensuite vers Bukan où je compte résoudre mon problème de carte sim. Je pesse 3 bonnes heures, à aller d’une agence à une autre, d’un bureau à un autre, mais rien ne semble avancer. On ne peut pas débloquer ma carte sim. La même question revient systématiquement : « as-tu de la famille en Iran ? » Cela me permettrait de pouvoir me procurer une nouvelle carte. Puis un jeune m’envoie dans une nouvelle agence où visiblement, je sens qu’il y a une possibilité. Si cela fonctionne, je pourrais continuer d’alimenter ma page. Mon interlocuteur m’invite à repasser le lendemain en m’assurant qu’il va faire les démarches nécessaires dans la soirée.

Je sors à l’instant de l’agence où malgré l’impossibilité de débloquer ma carte, ni d’enregistrer mon téléphone ou mon modem, nous sommes parvenus à trouver une solution, qui j’espère fonctionnera jusqu’à ma sortie du pays, bien qu’il ne fasse aucun doute que ce « remède » fasse plus que flirter avec l’illégalité.

Si dans les prochains jours, aucune nouvelle ne vous parvienne cela signifiera qu’en guise de remède je n’ai bénéficié que d’un simple placébo.

Après ces embêtements, place enfin au voyage !