
Recherches vaines
16 août 2025
L’homme qui m’a rendu la vie.
20 août 2025Après un voyage en minibus aussi chaotique qu’interminable, neuf heures jalonnées d’imprévus, j’ai retrouvé les infirmières qui, il y a déjà dix ans, m’avaient soigné avec une bienveillance inoubliable, à la suite de mon accident. Aujourd’hui, c’est un autre rendez-vous très particulier qui m’attend : celui avec le chirurgien à qui je dois la vie.
Le trajet fut une vraie odyssée : un premier bus tombe en panne, le second est conduit par un homme épuisé qui sombre brièvement dans le sommeil, tandis que sur la route, pas moins de neuf camions et bus renversés, rappellent cruellement la fragilité de tout voyage. Dans ce tumulte, je dois bien l’avouer, la nostalgie de mon fidèle destrier aujourd’hui disparu m’a étreint plus d’une fois.
À présent, les paysages filent à une allure telle qu’ils en deviennent flous, insaisissables. Il n’y a plus ni odeurs, ni regards croisés, ni échanges avec les habitants du bord de route. Juste une radio hurlante, dont la musique, trop forte pour être appréciée, n’est plus qu’un bruit de fond.
Toujours sans nouvelles de mon vélo, j’ai finalement pris une décision concrète : j’ai acheté un billet d’avion, non remboursable, pour la fin du mois.
Dans les rues d’Eldoret, comme un clin d’œil, j’aperçois un rémouleur dont l’outil est monté sur un vélo, ingénieux et poétique à la fois. Peut-être une reconversion future pour le mien?
Quoi qu’il en soit, après avoir lu chacun de vos messages, je me dois de vous dire combien j’ai été touché. Votre soutien, vos mots, vos encouragements m’ont profondément ému. Merci à vous, du fond du cœur.
Pour l’heure, je choisis de ne pas forcer les choses. Ce que je vis mérite d’être compris avant d’être dépassé. C’est pourquoi je vais rentrer en France, retrouver les miens, prendre le temps. Dans les mois à venir, je tenterai de vendre ma maison à Saint-Antoine, dans le Gers, là même où passe le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Je publierai également le calendrier Cyclonomade 2026.
Et, peut-être, serai-je alors en mesure d’éclaircir l’horizon, de deviner, au loin, les contours de mon futur. Pour l’instant, comme à chacun de mes retours en France, je ne peux m’empêcher d’éprouver une certaine appréhension.
Dans ma prochaine chronique, je reviendrai plus en détail sur ces derniers jours.
À bientôt.



