Tracasseries.
19 janvier 2025
Soleil.
1 février 2025
Tracasseries.
19 janvier 2025
Soleil.
1 février 2025

A peine ai-je quitté Bukan qu’une tempête de neige s’abat sur la zone. J’espérais en avoir terminé avec le mauvais temps, mais je dois me rendre à l’évidence, je suis loin d’en être débarrassé. En quelques minutes le paysage est blanchi. Plus j’avance et plus la chute de neige s’intensifie. Rouler devient dangereux car je ne vois plus très loin. Je m’arrête dès que j’en ai la possibilité et ne reprends la route que le surlendemain.

Les deux jours suivants sont froids et humides, mais sans neige. Je regagne un peu d’altitude avant de plonger vers une zone où je distingue enfin les couleurs de la terre. Ça monte et ça descend mais le paysage n’a rien d’exceptionnel. Je me dirige vers Sanandaj que j’ai déjà traversé il y a quelques mois.

Arrivé en ville, je reconnais bien les rues que j’avais fréquenté lors de mon précédent passage. Cependant, je ne retrouve plus un petit café où j’aimais savourer un expresso tout en noircissant les pages de mon journal de route. Celui-ci a été remplacé par un autre petit commerce. Je dégote un hébergement dans la rue piétonne dont l’animation grandit au fil des heures jusqu’à la nuit tombée. Puis les camelots démontent peu à peu leurs étals.

En me plongeant dans la foule, je trouve finalement un autre lieu attenant au cinéma, où je déguste un café en compagnie de jeunes qui parlent un peu d’anglais.

J’en profite pour un peu d’entretien de mon vélo dans une boutique de cycles où Asad, le propriétaire, m’effectue gratuitement quelques réglages et graissages indispensables. Il m’offre même un thé et quelques douceurs que nous prenons en compagnie de son épouse et de leurs trois enfants.

Je retrouve la générosité iranienne qui m’avait tant marquée il y a quelques mois de cela. Déjà, des thés, des repas, des fruits me sont offerts accompagnés de sourires qui en disent long sur leur bonheur d’offrir.

Alors que je quitte Sanandaj, voilà ma connexion internet une nouvelle fois bloquée. Téléphone ou modem, rien ne fonctionne.

Sur le bord de la route, la neige en fondant laisse apparaitre de nombreux détritus qui font le bonheur des chiens errants. Parfois ceux-ci me lancent négligemment quelques jappements peu convaincants et poursuivent leur fouille acharnée.

Devant moi, un véhicule ralenti et j’aperçois un sac poubelle balancé par la vitre du véhicule atterrir dans le fossé.

A Kamyaran, alors que je bois un café, le gérant du lieu contacte via WhatsApp son frère qui vit à Montréal et m’invite à lui parler français. Nous échangeons quelques mots puis à la fin de la conversation Hamid me dit qu’il m’offre le café et une pâtisserie…Trop tard, son frère s’y est déjà engagé.

Sur la route de Kermanshah je suis arrêté par deux policiers. L’un d’eux me questionne tout en vérifiant mon passeport. D’où est-ce que je viens ? Pourquoi l’Iran ? Quel est mon emploi ? D’où viennent mes revenus ? Ai-je récupéré des numéros de téléphone d’iraniens ? Ai-je rencontré beaucoup d’iranien ? Dernière question à laquelle je réponds que oui et que dorénavant, il en fait partie. Je peux finalement poursuivre ma route tranquillement jusqu’à Kermanshah.

A mon arrivée en ville, je tourne une nouvelle fois en quête d’une solution pour mes connexions internet. Cette fois encore, je dégote une parade qui, m’assure-t-on va fonctionner deux mois. Dans quelques jours je dois quitter le pays et si d’ici-là ma carte est à nouveau bloquée, je continuerai jusqu’en Irak sans donner de nouvelles.

Je loge ici dans un lieu où se trouvent des ouvriers pakistanais. En soirée, nous discutons un peu. Leur famille est restée au pays. Je traine autour du Bazar, je bois des thés et des cafés, j’échange avec des gens curieux de ma présence ici. Je discute avec un homme dont le frère vit en Normandie depuis de longues années. Il me parle lui-même français, chose plutôt rare ici.

Je visite également le Taq Bostan, un site Sassanide, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville. L’endroit qui est relativement modeste comprend deux grottes sculptées et un bas-relief situé juste à côté d’une petite source. 

En ce moment, j’hésite entre deux postes frontières pour atteindre l’Irak. Alors que je pensais en emprunter un, les locaux semblent m’orienter vers un autre qui serait en effet plus logique dans mon optique de passer par Bagdad.

Sûr que les prochains thés vont m’inspirer pour mon choix de route !

PS : Encore quelques jours avant la clôture de vente des calendriers. Les retardataires peuvent encore les commander. Pour tout les autres, Merci beaucoup pour votre participation.