Bercé par une poussée de champignons.
12 mai 2022
Une faune tapageuse.
26 mai 2022

Après avoir roulé durant quelques jours sur la rive gauche du Rio Negro, je suis passé au niveau de Choele Choel sur la rive opposée. Cela m’a donc permis de saluer ce fleuve que tout au long de mon trajet, je ne fais que deviner à quelques kilomètres de la route, bordé par des rangées de peupliers.

Je me raccroche en chemin à quelques pensées furtives. Le soir, au bivouac, j’arrime mon regard à des nuages errants au-dessus de terres patagoniennes dont la monotonie devient hypnotisante. Cela contribue d’ailleurs à sa réputation de terre hostile, mais à mes yeux également une grande partie de son charme. Les nuages sont donc mes fidèles compagnons de bivouacs et remplacent avantageusement tout écran de télévision, même si parfois ils sont annonciateurs d’une dégradation de la météo.

En fonction de l’orientation de la chaussée, le vent m’est soit favorable, soit me vient de côté, légèrement en ma défaveur. Parfois, il ne cesse de tourbillonner rendant mon humeur changeante.

Un véhicule s’arrête et on me tend soudain une tasse de café chaud avec un carré de chocolat : rayon de soleil par temps couvert. Ce petit geste vient opportunément réchauffer mon âme.

Ces deux dernières nuits, les températures étaient négatives. J’ai du mal à quitter mon duvet et j’attends généralement l’apparition du premier rayon de soleil.

Depuis quelques jours je n’achète plus d’oignons pour agrémenter ma cuisine. Les producteurs de la région en tombent quelques-uns tout au long de la route et il n’y a qu’à se baisser pour faire son marché.

Me voici à présent à Viedma. Seuls quelques kilomètres me séparent de l’embouchure du rio Negro où je vais donc me rendre demain.