Dans la vallée des dinosaures.
7 mai 2022

Bien que depuis Neuquen je m’obstine à longer le Rio Negro, je ne le vois guère. La route me maintient en effet, sans relâche, à bonne distance du cours-d ’eau.

A contrario, je demeure scotché à un ruban de bitume sur lequel je ne peux que déplorer l’inconscience de nombreux conducteurs. Il est stressant de voir un véhicule arriver en sens inverse et être soudain dépassé par un autre qui me frôle en klaxonnant avec insistance.  Je bondis alors sur un bas-côté caillouteux et épineux, dans une colère noire.

Est-il si difficile d’anticiper en levant le pied de l’accélérateur pendant quelques secondes ?

Est-ce demander un effort considérable au conducteur ?

Plutôt que de perdre une dizaine de secondes sur un trajet vaut-il mieux prendre le risque de renverser un cycliste ?

Il y a des jours où je préférerais marcher sur des sentiers loin de tous véhicules…

Mieux vaut passer à autre chose…

Il faut dire que le décor n’a rien de fantastique. Je me raccroche alors à des détails pour sortir de cette spirale négative. Ainsi, lors d’un bivouac au calme dans un parc de la bourgade de Chimpay, je profite pleinement des chants d’oiseaux qui me font oublier les ronflements bruyants de moteurs en surrégime. Un sympathique toutou vient me tenir compagnie, à moins qu’il ne soit simplement attiré par l’odeur de ma cuisine…ce soir, le menu sera composé d’oignons et de petits cubes de tomates frits pour égayer ma semoule de couscous.

Mais au réveil, qu’elle n’est pas ma surprise lorsque je m’apprête à démonter la tente, en découvrant à côté de celle-ci, quelques champignons qui ont dû pousser pendant la nuit. S’ils avaient été là hier soir, mon menu s’en serait trouvé fort bonifié. Au prochain campement j’examinerais minutieusement les lieux.