La quiétude uruguayenne.
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Or, peintures, soleil et vent glacial.
20 août 2022

Les timides rayons de soleil qui accompagnent mon départ de Salto sont malheureusement vaincus par des nuages gris chargés d’humidité et un vent glacial défavorable. Je rencontre des cantonniers activés à reboucher des trous qui par endroits ont transformé le bitume en un véritable gruyère. Les pâturages sont d’une verdeur à faire saliver tous les ruminants. Parfois, je meugle tel un bovin et qu’elle n’est pas ma surprise d’observer un petit troupeau qui me suit… Mais qu’ont-ils bien pu comprendre dans mon meuglement ?

Dans une petite échoppe, on m’offre le café que je viens de commander, histoire de me réchauffer un peu. J’aperçois plus loin un jeune homme qui soigne la patte d’un cheval. Quelques mots échangés et me voilà hébergé pour la nuit. Cela est bienvenu car la pluie est de retour et va bercer mes songes. La famille d’Enzo, m’invite à partager le repas du soir. Dans la pièce, le feu de cheminée diffuse une douce chaleur fort opportune.

Je les quitte au petit matin, malgré une petite pluie qui va rapidement s’estomper. Le vent glacial, quant à lui, persiste. La nuit suivante je campe à l’abri au-devant de la salle municipale du hameau de Campamento. Je discute avec des camionneurs argentins et paraguayens venus apporter du maïs de leur pays respectif. Eux, dorment dans leurs camions à l’avant du bâtiment.

Le lendemain, je passe un moment en compagnie de Gauchos uruguayens, occupés à sceller leurs chevaux. Ils viennent de terminer leur pause autour d’un petit feu. J’aperçois régulièrement quelques Nandus, sorte de petite autruche sudaméricaine.

Puis j’atteins la ville d’Artigas, située à la frontière brésilienne. L’appel du pays voisin se fait tenace. Mais pour l’instant je demeure en Uruguay afin de poursuivre ma découverte du nord du pays, région que je ne connaissais pas encore, contrairement au sud.

Je quitte la ville avec un temps splendide. En seulement quelques heures, je compte une bonne dizaine de renards tués par les automobilistes. Puis j’atteins le hameau de Masoller où de grandes bornes délimitent Uruguay et Brésil. Pourtant, de l’autre côté, se trouve « Vila Thomaz Albornoz », revendiqué par les deux pays. La zone contestée compte 22 000 hectares et est en litige depuis 1934. Ce soir, je plante ma tente proche d’une petite station-service sur le sol brésilien…une nuit dans une illégalité totalement tolérée. Ici, pas de douanier et on passe des deux côtés sans la moindre formalité.

Je me dirige ensuite vers Rivera au cœur d’un paysage vallonné et boisé de pins et d’eucalyptus. J’observe quelques scieries à l’activité soutenue.  

Durant quelques jours, je vais m’éloigner un peu de cette zone frontalière en espérant y prendre autant de plaisir que lors de ces dernières heures.