Nouveau tour du monde
Jacques Sirat, cyclonomade

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Immersion dans mon journal de mai 2003. Les îles flottantes Uros.

Alors que je déambule dans la ville de Puno, mes roues me mènent par hasard sur le bord du lac Titicaca. J’y prends une barque qui me dépose sur une des îles flottantes Uros où je sympathise avec José qui à ma grande joie, m’offre de rester dans une cabane.
A une dizaine de kilomètres au cœur du plus haut lac navigable du monde (3810m) se trouvent des îles uniquement faites de roseaux appelés « Totora ». Les habitants se doivent d’en rajouter régulièrement car les couches inférieures pourrissent au contact de l’eau. La superficie de ces îles varie de quelques dizaines à quelques centaines de mètres carrés.
Ici, tout est en Totora : le sol, les murs, le toit. Les cabanes sont dépouillées. Il n’y a aucun meuble et les quelques vêtements y sont entassés dans un carton apposé dans un coin de la pièce. Le sol est souple et fait lui-même office de grand matelas.
Alan et Eloi s’affairent à décharger une barque de roseaux fraîchement coupés. Je les aide à les étaler sur le sol. La Totora est encore verte et humide. Elle sèchera rapidement et deviendra jaune comme de la paille. Cette opération doit être renouvelée tous les quinze jours.
Dès qu’un bateau passe au large, la houle qui en résulte fait tanguer l’île, donnant ainsi l’impression d’être sur un grand radeau.
La vie sur l’île est embellie des éclats de rires d’Alvaro et Gladys, jeunes enfants qui jouent, courent et tombent sur le sol accueillant de souplesse.
Vers 18 h, la nuit tombe et la vie s’interrompt. J’installe mon duvet dans « ma » cabane sur le sol de Totora et plonge dans un sommeil des plus profonds, bercé par le son de quelques gouttes de pluie.
Le lendemain, vers 5h30 du matin, tout le monde est debout.
Des dizaines d’embarcations vont et viennent entre les îles. Souvent de très jeunes enfants rament, unissant tout leur corps dans l’effort.
Nélida et Paulina découpent des poissons en petits morceaux afin de nourrir les truites. Dans sa petite embarcation de Totora, Trinidad, la Mère de José, âgée de 80 ans, glisse élégamment sur l’eau claire. Une fois accostée, le dos voûté, la démarche lente et incertaine, elle vient s’adosser à une cabane et entreprend de concasser du blé à l’aide de deux pierres.
Pendant quelques jours je baigne dans un univers paisible et dépouillé, loin du monde agité et bruyant des villes. J’en repars ensuite irradié d’une exquise énergie positive.

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