Depuis quelques jours, après un bref passage en Géorgie et avant d’y retourner, je roule en Arménie où je découvre un pays qui semble à des années lumière de l’élan économique de la Turquie voisine. Routes défoncées, maisons abandonnées, bâtiments délabrés, attestent d’un pays dont l’économie est à l’arrêt. Au milieu de cela quelques personnes se pavanent dans des véhicules de luxes. Puis cet après-midi, j’atteins Erevan, la capitale où à peine arrivé au centre, je sens comme un profond malaise m’envahir devant tant de richesse et boutiques de luxe. Je ne semble pas être dans un autre pays mais bien dans un autre univers. Comment est-ce possible ? ça « pue » l’argent ! Je suis partagé entre colère, indignation, malaise et fatalisme. Je pousse mon vélo au milieu de filles superbes aux allures de mannequins. Je passe entre des berlines et des 4×4 neufs aux vitres teintées…visiblement ici on expose sa richesse et on s’expose aux yeux des autres. A l’auberge où je me trouve je ne peux cacher mon trouble et je perle de ce que je ressens à la réceptionniste qui me dit en riant : « il vous a fallu peu de temps pour remarquer cela » ! Puis elle me dit que le salaire minimum est inférieur à 60 euros mensuels….mon incompréhension ne fait que croître. Puis elle m’explique que la diaspora est riche et que le pays s’endette auprès de la banque mondiale mais sans investir pour des infrastructures qui touchent l’ensemble du pays….ça ne va qu’au bénéfice d’une minorité….Plus sans doute de l’argent pas très clair sur lequel la communauté internationale ferme bien les yeux. Aujourd’hui je peux affirmer que j’ai rarement senti un tel sentiment d’injustice. Je pense à ces gens plus que modestes qui ne cessent d’être agréables et généreux à mon égard depuis mon entrée en Arménie et je ne parviens pas à réaliser que je suis bien dans la capitale de ce même pays.
La deuxième nausée est venue en consultant le résultat des élections françaises et en constatant que plus de 6 millions de français ont voté pour le parti de la Haine… Triste journée…je ne me sens pas bien au milieu de ce déballage de « fric » et je ne suis pas fier d’être concitoyen avec ces 6 millions d’individus.
25
avr
2012

















